| Knossos
ou Cnossos
cité de Crète, dans la plaine du Kairatos, sur
la route qui traverse l'île en son milieu du Sud au Nord, à
5 km de la mer et d'Héraklion.
Connue par Homère comme la capitale du roi mythique
Minos, qui donnera son nom à la civilisation minoenne, elle
est aux époques classique et romaine une des grandes cités de
la Crète. Des trouvailles fortuites attirent l'attention de
Schliemann, mais, quand l'île devient autonome, c'est sir Arthur
Evans (1851-1941) qui obtient la concession de la fouille. Des
découvertes exceptionnelles révèlent alors une civilisation
nouvelle de l'âge du bronze ; des objets égyptiens ont permis
d'en établir la chronologie.
L'occupation du site est très ancienne, les niveaux
néolithiques particulièrement épais et riches. Au bronze ancien
(env. 2100-1900 av. J.-C.), l'apparition du métal et, surtout,
l'utilisation des sceaux montrent les progrès de l'organisation
technique et politique. C'est au bronze moyen qu'est construit
le Premier Palais, dont les restes sont trop limités pour permettre
une reconstitution précise : l'architecture du temps est mieux
représentée à Phaistos et surtout à Malia. Mais ce niveau a
également livré des objets de luxe (en or, ivoire) et une céramique
particulièrement fine, au décor très coloré, la céramique de
Camarès.
Les premiers palais disparaissent, dans toute
la Crète, vers 1 750 av. J.-C., pour des raisons qui restent
inconnues. Après une période de stagnation, ils sont reconstruits
selon un plan canonique : la cour centrale avait une fonction
religieuse importante, servant d'arène aux fameux jeux tauromachiques
connus par plusieurs fresques ; les magasins recevaient l'huile,
les grains et les autres produits dus par les paysans ; des
salles en sous-sol abritaient les serpents sacrés ; enfin des
salles d'apparat, dont la salle du trône, et des appartements
pour Minos et sa famille. L'ensemble se développe sur plusieurs
hectares et parfois sur cinq étages.
Les reconstitutions en béton armé ont fait naître
une vive polémique (détails architecturaux ou historiques, en
particulier sur le rôle exact de Minos, prêtre-roi), et Evans
a parfois abusé de modèles anachroniques dans son tableau de
la monarchie minoenne. Du moins ses travaux ont-ils préservé
une architecture très fragile, le plus souvent en briques crues,
gypse et bois, au décor de fresques et de stucs, à l'époque
de son apogée (1500 et 1450 av. J.-C.), alors que le palais
était occupé par une dynastie achéenne qui faisait usage du
grec mycénien. |